aperçu

réactualiser

Depuis septembre 2017, la Global Initiative for Economic, Social and Cultural Rights (GI-ESCR) mène un projet de Recherche et plaidoyer sur le droit à l’éducation et la marchandisation de l’éducation en Mauritanie, à Nouakchott, en coalition avec l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF) et la Coalition des Organisations Mauritaniennes pour l’Education (COMEDUC).

Nous surveillons et actualisons régulièrement les informations sur la situation au Maroc, à mesure qu'elles deviennent disponibles.


la situation

Au cours des dernières décennies, l’Etat mauritanien s’est largement désengagé du secteur éducatif, provoquant la croissance rapide de l’enseignement privé : le pourcentage d’élèves inscrits dans le primaire privé est passé de 1.9 % en 1999 à 15.8 % en 2015 selon les chiffres officiels. En outre, cette augmentation, qui représente une multiplication par plus de 7 de la part du privé, ne prend en compte que les écoles officiellement enregistrées. Parmi la multitude des acteurs privés qui ont émergé ces dernières années, de nombreuses écoles sont des écoles à bas coût, non régulées, et de mauvaise qualité. Cela comprend les dites ‘écoles-boutiques’, qui sont des écoles à but lucratif proliférant sans aucune régulation des autorités.

Autre marque du désengagement de l’Etat et de l’écroulement du système d’éducation publique, l’Etat mauritanien a organisé en 2016 la vente aux enchères, sans consultation publique préalable, de six terrains sur lesquels se situaient des écoles publiques, dans le centre-ville de Nouakchott. La vente de ces terrains a entrainé la fermeture des six écoles qui se trouvaient dessus, ce qui pourrait avoir mené à la déscolarisation permanente de milliers d’enfants : aucune autre école ayant été ouverte par les autorités publiques en substitution et de nombreuses familles n’ont pas les moyens de scolariser les enfants dans les écoles privées proches.

La marchandisation et la privatisation de l’éducation de facto nourrie par ce désengagement de l’Etat pourrait être source de discriminations, d’inégalités, et nourrir de nombreux autres problèmes liés aux droits humains tels que la participation aux affaires publiques et le droit à l’éducation.


approche

Le projet mis en place par l’AFCF, la COMEDUC et GI-ESCR, a pour but d’effectuer une recherche en Mauritanie sur la réalisation du droit à l’éducation au niveau primaire, et en particulier l’impact de la privatisation et de la marchandisation de l’éducation afin de mener un plaidoyer national, régional et international concernant ces problématiques.

A travers ce processus, le projet vise parmi ses objectifs principaux, à sensibiliser les parties prenantes principales en Mauritanie sur le droit à l’éducation et sa mise en œuvre, tout en intégrant ces objectifs de plaidoyer dans la dynamique de plaidoyer régionale de l’espace francophone sur ces questions.

Le projet repose sur la méthodologie de GI-ESCR qui s’appuie sur les outils de droits de l’Homme, tant en termes d’analyse que pour la mobilisation et le plaidoyer. La théorie du changement général consiste à utiliser le cadre des droits de l’Homme pour mobiliser et conduire des recherches précises sur l’impact des politiques éducatives, d’amener ces recherches au niveau international auprès des comités onusiens afin d’obtenir des outils de plaidoyer supplémentaires, puis de ramener les résultats obtenus au niveau international au niveau national afin de soutenir la mobilisation nationale et locale.

Francophone-methodology-French.png

L’utilisation de cette méthodologie en Mauritanie s’appuie sur l’expérience de stratégies similaires conduites dans onze autres pays, y compris au Maroc.


Impact

La première phase du projet a permis la soumission d’un rapport alternatif préliminaire [confidentiel à ce stade] au Comité de Droits de l’Enfant (CDE), soutenu à Genève par les organisations mauritaniennes en février 2018, concernant la privatisation de l’éducation en Mauritanie et la vente des terrains d’écoles publiques, en préparation pour l’examen final de la Mauritanie par le CDE en septembre 2018.


Partenaires

chefs.jpg

Association des Femmes
Chefs de Familles

comeduc.jpg

Coalition des Organisations
Mauritaniennes pour l’Education